Participation d’Osez le féminisme Suisse au « Rassemblement contre les violences faites aux femmes »

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Osez le féminisme Suisse a participé au « Rassemblement contre les violences faites aux femmes » qui a eu lieu le samedi 25 novembre 2017 à Genève.

Voici deux reportages TV qui ont été réalisés à l’occasion de cette journée et de ce rassemblement, l’un par la RTS (le 19h30) et l’autre par WebTV Genève :

RTS – Le journal de 19h30 du samedi 25 novembre 2017 (le reportage commence à 4’19)

Capture issue du reportage de la RTS

WebTV Genève – Les femmes dans la rue contre les violences sexistes

Anouchka Kuhni, présidente d’Osez le féminisme Suisse

Capture issue du reportage de WebTV Genève

Lors de ce rassemblement, notre présidente, Anouchka Kuhni, a eu l’occasion de s’exprimer sur la situation des violences faites aux femmes en Suisse.

Nous transmettons ici l’intégralité de son intervention :

« Les violences faites aux femmes et aux filles sont fréquemment occultées et minimisées en Suisse, ce qui a pour conséquence de faire penser que la situation est idyllique. Or, il n’en est rien.

Il est important de rappeler que la Suisse n’a toujours pas ratifié la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe (lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique) et que cette convention n’est toujours pas entrée en vigueur en Suisse, ce qui signifie que la Suisse ne satisfait probablement pas encore aux exigences pour l’instant. Par exemple, la Convention est déjà entrée en vigueur en France (2014), en Turquie, en Pologne, au Portugal, en Roumanie, en Serbie, en Slovénie, à Malte, au Monténégro, en Géorgie, en Bosnie-Herzégovine, en Estonie, en Albanie, etc. Cela pose question pour la Suisse.

La Suisse avait déjà mis du temps à satisfaire aux conditions de la Convention de Lanzarote (protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels), notamment elle a mis beaucoup de temps à pénaliser la prostitution des mineures de 16 à 18 ans (très majoritairement des filles). La Suisse était un des rares pays où la prostitution des mineures de 16 à 18 ans était légale. La prostitution des mineures a été pénalisée le jour-même de l’entrée en vigueur de la Convention de Lanzarote en Suisse, le 1er juillet 2014.

Les violences conjugales ont augmenté de 2% en 2016 en Suisse. Nous avions analysé précisément les chiffres des violences conjugales de 2015 et avions constaté que le taux de féminicides conjugaux (femmes tuées par leur partenaire ou ex) était plus important en Suisse (2,64/mio d‘habitant) qu’en France (1,83/mio d’habitant).

Concernant les violences sexuelles, il y a encore un grand travail à faire, notamment pour les viols. La définition du viol en Suisse est une des plus restrictives au monde, ce qui a pour conséquence que de nombreux viols ne sont pas reconnus comme tels.

De plus, les peines prononcées pour les viols sont très légères en Suisse : souvent de simples peines pécuniaires (amendes) ou sursis.

Par comparaison, les infractions de la route sont punies plus sévèrement que les viols, car les peines prononcées sont souvent de la prison ferme.

Les violences économiques envers les femmes sont aussi très importantes en Suisse, par exemple au niveau professionnel. En effet, les inégalités professionnelles ont augmenté en Suisse selon le Forum Economique Mondial, la Suisse a régressé du 11ème au  21ème rang dans l’indice du Forum Economique Mondial. Donc les inégalités sur tous les plans : accès aux postes à responsabilité, accès aux emplois à temps complets, accès aux conseils d’administration des entreprises. Et au niveau des salaires, ce que l’on constate depuis des années, c’est que les inégalités salariales sont présentes de façon inexpliquée dès le début de la carrière des femmes, à compétences et formation égale avec les hommes. Ces inégalités sont donc clairement des discriminations basées sur le sexe. Pour rappel, l’écart salarial est très important en Suisse. Par exemple, en 2015, on trouvait des écarts de 21,5% jusqu’à 34 % selon les domaines d’activité, ce qui est énorme, notamment par rapport à d’autres pays.

Pour finir, j’aborderai encore la question du traitement médiatique des violences faites aux femmes en Suisse. La façon dont les médias suisses relatent les affaires de violences conjugales, et particulièrement les féminicides, est très problématique, car elle contribue à occulter et minimiser les violences faites aux femmes en Suisse.

Les titres des articles sont souvent choquants car ils invisibilisent totalement le meurtrier. C’est comme si une personne extérieure avait tué la femme ou comme si un malheur indéfini s’était abattu sur elle.

De plus, ces articles blâment encore trop souvent la victime.

En effet, il y a la plupart du temps une inversion de la responsabilité, la femme tuée étant rendue responsable du fait d’avoir été tuée. C’est parce qu’elle a voulu quitter le meurtrier qu’il l’a tuée. Et le meurtrier est souvent présenté très positivement : c’était un homme formidable et l’amour serait à l’origine de son geste.

Le traitement médiatique suisse des violences faites aux femmes n’est pas anodin et a des conséquences dramatiques pour les femmes.

En effet, en occultant l’ampleur des violences envers les femmes (notamment les féminicides), les médias empêchent la prise de conscience sociétale nécessaire pour qu’il y ait une réelle protection des femmes et des sanctions plus lourdes contre les auteurs de violences. »

Voici encore quelques images du rassemblement.

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Quand des médias suisses s’apitoient sur des tueurs de masse familiaux

Certains médias suisses s’arrangent souvent pour ne pas nommer les violences masculines, notamment les féminicides et les infanticides, en omettant par exemple de dire que c’est l’homme qui a tué et en faisant planer le doute sur l’identité du meurtrier. Une affaire récente qui s’est passée aux Etats-Unis et qui concerne une famille américano-suisse met bien en lumière ce processus. Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est que les faits sont relatés à la fois par la presse étrangère et par la presse suisse. C’est une bonne occasion de comparer le traitement médiatique des féminicides conjugaux et des infanticides en Suisse et aux Etats-Unis.

En Suisse, lorsque l’affaire a fait la « Une » du 20 minutes, le titre était le suivant : « Famille vaudoise tuée dans sa villa aux USA ».

En lisant le titre, on imagine que la famille a été victime d’un ou de plusieurs agresseurs extérieurs  (braquage, etc.). Lorsqu’on lit l’encart en première page puis l’article en page 3, il est question d’amour (« ils s’aimaient beaucoup »), de « drame familial » et le mari est cité en tête des victimes de ce « drame familial » comme s’il était la première victime de cette tuerie (« Les victimes, le mari, 45 ans, son épouse de 42 ans, la fille de cette dernière, 16 ans, et le petit dernier de 5 ans »). Le titre de l’article en page 3, « Leur nouvelle vie aux USA s’est terminée en tragédie », fait encore une fois penser à des agresseurs  extérieurs à la famille et occulte totalement la thèse de la police américaine d’une tuerie de masse (la mère, les 2 enfants et le chien tués) suivie d’un suicide (celui du père).

Et pour couronner le tout, un encart qui n’a rien à voir avec cette affaire, et pourtant inséré directement dans le champ de l’article, présente un père formidable dont la fille a été tuée par quelqu’un d’autre et où la mère est décrite comme créant le conflit avec une histoire de pension alimentaire. Donc, en lisant cet article avec son encart, bien qu’il s’agisse d’un article à propos d’un père tueur de masse familial, on intègre inconsciemment que les pères sont de formidables protecteurs de leurs enfants et des victimes des femmes. Il est intéressant de constater que le 20 minutes suisse a omis de parler du chien qui a également été tué par cet homme, alors que les médias américains et anglais en parlent, nous allons le voir.

Afin de faire la comparaison, voici un article paru aux Etats-Unis le 10 novembre 2017 : https://www.deseretnews.com/article/900003809/police-4-people-dead-in-mapleton.html

Dans cet article américain, aucune mention de « drame familial », pas de notion d’ « amour ». Toutes les victimes sont clairement nommées, le chien y compris. De plus, aux Etats-Unis, l’article finit par une information aux victimes de violences conjugales, en leur donnant le numéro à appeler en cas de violences conjugales, ce qui laisse suggérer que ce serait une tuerie de masse qui est intervenue dans un contexte de violences conjugales.

Et voici un autre article qui est paru en Angleterre dans les jours qui ont suivi : http://www.dailymail.co.uk/news/article-5085537/Utah-man-killed-wife-two-kids-dog-himself.html

Le titre est parfaitement clair et factuel : « L’homme de l’Utah a tué sa femme, deux enfants et le chien avec une arme puis il s’est tué lui-même avec une autre arme »

On ne verrait jamais un titre comme cela en Suisse.

En Suisse, dès que l’on a su que c’était le père qui était le meurtrier, l’affaire n’a plus fait les gros titres. Dans le 20 minutes du 15 novembre 2017, elle a alors été reléguée à un petit encart à l’intérieur du quotidien.

Les lecteurs ne feront donc pas forcément lien entre l’affaire qui avait fait la « Une » et ce petit encart. L’idée qui restera sera celle d’un « drame familial » avec un homme « très amoureux » et « fusionnel » ayant tué femme, enfants et chien par amour. C’est bien ce que suggère l’article en ligne du 20 minutes le 14 novembre 2017 (http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/27702918) en citant les propos d’une voisine : « L’amour fou fait faire des choses vilaines ».

Donc, le 20 minutes donne une image très valorisante et très déresponsabilisée de ce tueur de masse familial. Mieux encore, la femme, en ayant voulu le quitter, serait responsable de l’assassinat d’elle-même, des enfants, du chien et du suicide de son mari (inversion de la responsabilité).

Alors non, on ne tue pas par amour. Lorsqu’on aime, on cherche au contraire à protéger à tout prix les êtres chers. Une telle présentation dans les médias donne le sentiment d’une véritable empathie envers les tueurs de masse familiaux.

Dans les pays anglophones (USA, UK, Canada) et francophones (Québec, notamment), une telle présentation choquerait énormément.

Le taux de féminicides dans le cadre de violences conjugales est plus élevé en Suisse qu’en France

A l’occasion du 25 novembre 2016, Journée internationale pour l’élimination de la violence envers les femmes, Osez le féminisme Suisse a sensibilisé aux violences faites aux femmes en dénonçant le taux important de féminicides dans le cadre de violences conjugales en Suisse.

En effet, alors qu’on imagine que la condition des femmes est meilleure en Suisse qu’ailleurs en Europe, en étudiant les chiffres de près, on constate que le taux de féminicides dans le cadre de violences conjugales est plus élevé en Suisse qu’en France.

Si on l’applique à la France le taux suisse de féminicides par (ex)-conjoint, on obtient 176 féminicides pour 2015 (2,64 x 66’627’602 millions).

Donc si la France avait un taux de féminicides aussi élevé qu’en Suisse,en 2015, il y aurait eu 54 féminicides de plus (122 + 54 = 176), sachant qu’il y a eu 122 féminicides par (ex)-conjoint en 2015 en France.

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Voici le détail des chiffres :

En Suisse, en 2015, 22 femmes ont été tuées dans le cadre de violences conjugales (soit environ 1 féminicide tous les 15 jours).

Sur une population de 8’327’100 millions d’habitants (population au 1er janvier 2016), cela correspond à 2,64 féminicides par million d’habitants.

Source des chiffres : « La violence domestique en chiffres au niveau national »

Pour comparaison, voici les chiffres des féminicides dans le cadre de violences conjugales en France.

En 2015, en France, 122 femmes ont été tuées dans le cadre de violences conjugales (soit environ 1 féminicide tous les 2 jours et demi).

Sur une population de 66’627’602 millions d’habitants (population au 1er janvier 2016), cela correspond à 1,83 féminicides par million d’habitants.

Source des chiffres : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-morts-violentes-au-sein-du.html

Ces chiffres montrent que dans le cadre de la violence conjugale, il y a bien plus de féminicides par habitants en Suisse qu’en France.

Et d’ailleurs, il est intéressant de noter que la Suisse n’a toujours pas ratifié la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique), notamment parce qu’elle ne satisfait pas aux exigences en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

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D’autre part, nous avons fait un décryptage féministe du rapport annuel contenant les chiffres des violences conjugales en Suisse, en 2015. (1)

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Ce qui ressort de la lecture de ce rapport, c’est qu’en Suisse, les chiffres donnent l’impression de vouloir cacher la gravité des violences patriarcales. Dans ce rapport, rien n’est exprimé clairement. Il faut déduire par soi-même en calculant et en raisonnant combien il y a de femmes et d’hommes tués et que ces chiffres comprennent  également des enfants tués. La plupart du temps, les chiffres sont exprimés en pourcentages, au lieu de donner le nombre précis de femmes, d’enfants et d’hommes tués. Et lorsque l’on fait les calculs avec les pourcentages pour retrouver le nombre de personnes que cela concerne, le résultat n’est jamais un chiffre entier (donc des personnes fractionnées). Cette façon d’exprimer le nombre de victimes en pourcentages est particulièrement violente, car elle déshumanise les victimes qui ne sont plus que des pourcentages.

Par exemple, dans ce rapport, on nous dit qu’il y a 36 personnes tuées dans le cadre de violences conjugales et que 61 % sont des femmes.  On en conclut donc immédiatement que les 39% restants sont des hommes, ce qui donne l’impression perverse qu’il y a beaucoup d’hommes victimes. Mais plus loin dans la phrase, l’on apprend que 78% des personnes tuées sont des adultes. On comprend alors que parmi ces 36 personnes tuées, il y a des enfants. Ensuite, pour trouver le pourcentage d’hommes tués, il faut faire le calcul de 78% (d’adultes) – 61 % (de femmes). Et pour trouver le pourcentage d’enfants tués, il faut faire le calcul de 100 % (les 36 personnes tuées) – 78 % (d’adultes). Puis il faut les convertir ces pourcentages en nombre de personnes à partir du total des 36 personnes tuées.

Voici le résultat de ces calculs. En 2015, 36 personnes ont été tuées dans le cadre de violences conjugales, dont :

  • 22 femmes tuées (61% de 36 = 21,96 femmes)
  • 8 enfants tués (22% de 36 = 7,92 enfants )
  • 6 hommes tués (17% de 36 = 6,12 hommes)

Plus loin, on apprend que ce sont 32 personnes qui ont tué ces 36 personnes et que parmi ces 32 agresseurs, il y a 72% d’hommes. Il faut donc à nouveau calculer 72 % de 32 agresseurs, pour trouver le nombre d’hommes agresseurs, ce qui donne 23 hommes agresseurs. En prenant le nombre total des agresseurs (32) et en soustrayant les hommes agresseurs (23), on trouve alors qu’il y a 9 femmes parmi les agresseurs. Pour ces 9 femmes, nous ne savons bien-sûr pas combien d’entre elles étaient elles-mêmes victimes de violences conjugales et ont fini par tuer leur bourreau, comme Alexandra Lange et Jacqueline Sauvage.

D’autre part, en ce qui concerne les hommes tués, ce rapport ne dit pas qui les a tués : des hommes ? Des femmes ? Le rapport ne précise pas non plus qui a tué les enfants : des hommes ? Des femmes ?

Plus loin dans ce rapport, on trouve une quantité de chiffres divers et variés qui ne concernent pas les violences conjugales, tant et si bien qu’il ne ressort plus que, dans les violences conjugales, ce sont les femmes les principales victimes et les hommes les principaux agresseurs. Par exemple, on trouve tout d’un coup le nombre de tous les types d’homicides en Suisse entre 2000 et 2004 (!) et l’on nous dit que 40% des victimes sont des femmes et que 60% sont des hommes. A la lecture de ces chiffres, on se dit aussitôt : ah, mais il y a plus d’hommes tués que de femmes tuées. Donc, inconsciemment, à notre insu, on va intégrer qu’il y a plus d’hommes que de femmes victimes.

Et d’ailleurs, ce rapport sur les violences conjugales se termine magistralement  sur les hommes victimes de violences conjugales (!), avec l’idée qu’il y aurait des lacunes dans leur prise en charge et un risque de stigmatisation pour ceux qui viennent chercher de l’aide. La chute de ce rapport sur les violences conjugales montre bien l’idéologie patriarcale qui le sous-tend dans son intégralité.

(1) Lien sur le rapport  « La violence domestique en chiffres au niveau national »

Seins nus à la plage : article avec interview de la présidente d’Osez le féminisme Suisse

Notre présidente a été interviewée pour un article autour du thème des seins nus. L’article est transmis en intégralité ci‑dessous :

« Seins nus à la plage: nouveau tabou?

Argument de la libération des femmes dans les années 1960, les seins nus exhibés dans l’espace public n’ont plus la cote. On les cache, on les floute, on les amende. Faut-il y voir un retour de pudibonderie ou le signe d’une nouvelle censure du corps féminin?

Image issue de l'article originalImage issue de l’article original

D’abord, il y a eu les seins d’un tableau de Picasso, floutés par la chaîne conservatrice américaine Fox News. «Les femmes d’Alger» et leurs tétons cubistes, effacés de l’écran pour ménager la sensibilité des téléspectateurs! Ensuite, les internautes se sont offusqués de la poitrine dénudée de la chanteuse Miley Cyrus, postée sur Instagram, qui par ailleurs a déjà montré bien d’autres parties de son anatomie…

Plus près de chez nous, dans le courant de l’été, quelques baigneuses genevoises topless se sont fait gourmander par des agents de police – le règlement tolère les seins nus à la plage mais pas dans l’eau! Tandis qu’à Grandson, la chasse est ouverte aux naturistes, qui risquent une amende de 300 francs en cas de récidive.

Les seins nus n’ont-ils plus la cote? D’après le sociologue français Jean-Claude Kaufmann, l’inversion de tendance a commencé dans les années 2000. «En 1960, l’invention du topless sur les plages était vécue comme l’affirmation d’une assurance et d’une nouvelle liberté par les femmes. Aujourd’hui, au contraire, les signes se multiplient d’une légère régression de la place de ces dernières dans la société. Or, dans le même temps, elles tendent à être soumises à des vêtements plus couvrants…»

Alors, nouvelle censure contre la nudité féminine? C’est ce que semble penser le youtubeur Brice Duan, qui se demande pourquoi les hommes, fussent-ils bedonnants, peuvent se promener torse nu, alors que les femmes, eussent-elles peu de poitrine, n’en ont pas le droit… De quoi militer, avec humour, pour la libération des tétons!

«Le corps des femmes a toujours été soumis à de multiples contraintes»

Anouchka KuhniAnouchka Kuhni, présidente de Osez le féminisme suisse.

Les seins nus à la plage sont-ils passés de mode, voire malvenus?

La société actuelle entretient un rapport paradoxal avec les seins nus selon le contexte. En effet, les seins nus ne gênent personne dans la publicité, dans les films, dans la presse, enfin partout où ils sont exploités à des fins commerciales. Nous sommes abreuvés toute la journée de nudité féminine. Les femmes sont objectifiées et déshabillées sur d’immenses affiches dans nos villes et personne n’y trouve rien à redire. Il est donc bien hypocrite de les condamner dans l’espace public, quand les seins sont dénudés pour le plaisir de celles à qui ils appartiennent. Est-ce à dire que les femmes ne doivent montrer leurs seins que pour le plaisir des autres, des hommes donc, et pas pour le leur? Il y a des villes où femmes et hommes sont sur un pied d’égalité à ce niveau-là avec des politiques locales de «port obligatoire du tee-shirt» pour tous ou, au contraire, comme à New York, une autorisation pour tous de se promener seins nus/torse nu. Hormis ces quelques exceptions, la plupart du temps, seuls les hommes peuvent se promener torse nu. Alors pourquoi cette différence de traitement?

Même censure sur les réseaux sociaux…

Les politiques des réseaux sociaux et des médias américains sur cette question sont consternantes: on peut publier librement des commentaires homophobes, sexistes et racistes sans être inquiété le moins du monde. En revanche, la censure s’abat aussitôt sur les tétons féminins. Précisons que ce ne sont pas les seins en entier qui sont censurés, mais uniquement les tétons. Les décolletés les plus plongeants et les maillots de bain les plus minuscules sont parfaitement tolérés, pour autant que les tétons ne soient pas visibles.

Assiste-t-on à un retour de la pudibonderie?

Oui, c’est une forme de puritanisme ou de pudibonderie, mais de façon très paradoxale puisque le corps des femmes est par ailleurs sans cesse dénudé et objectifié dans la publicité et les médias.

Faut-il voir dans le corps plus couvert des femmes un signe de régression de la place de celles-ci dans la société?

Oui, tout à fait. L’échelle de valeur de ce qui est obscène ou non évolue dans le temps et l’espace. Dans les années 1980, les seins nus à la plage étaient beaucoup plus pratiqués. Dans certains pays, au Brésil par exemple, on peut se balader en string, mais gare aux tétons! Ce sont des logiques de contraintes et de contrôle du corps des femmes à géométrie variable, mais qui aboutissent toujours au même résultat: les femmes sont moins libres physiquement que les hommes, et le corps social exerce sur elles une pression de bienséance, de bonne conduite, de bonne morale.

Feriez-vous un parallèle avec la montée de l’islamisme ou n’est-ce qu’une question de génération?

En réalité, il n’y a rien de nouveau dans ces polémiques autour des seins nus. Le corps des femmes a toujours été soumis à de multiples contraintes dans les sociétés patriarcales.

Dans les années 1960, les seins nus étaient un geste politique de libération de la femme. Et aujourd’hui?

Face à ces contraintes sociétales qui pèsent sur le corps des femmes, les seins nus constituent toujours un geste politique qui est loin d’être anodin. Les Femen utilisent la nudité comme outil de revendication féministe. Ce mode d’action est intéressant, car il travaille à la désexualisation du corps des femmes, un élément qui permet la progression de l’égalité entre les sexes. Comme les hommes, les femmes doivent pouvoir être libres d’exposer leur poitrine sans que cela soit sexualisé ou considéré comme obscène et une invitation à les agresser.

Harcèlement de rue : article avec interview de plusieurs féministes dont la présidente d’Osez le féminisme Suisse

Notre présidente a été interviewée avec plusieurs féministes pour un article autour du thème du harcèlement de rue et du harcèlement dans les transports. L’article est transmis en intégralité ci‑dessous :

« Lorsque la drague se fait trop lourde

Crocodiles 1

(illustration : Thomas Mathieu)

Fréquemment pointé du doigt ces dernières années en France et en Belgique, le harcèlement de rue n’épargne pas notre pays. Alors que féministes et sociologues décryptent le phénomène, des femmes témoignent de leurs expériences.

Tentatives de séduction en milieu urbain. Tel est le sous-titre, 100% ironique, du blog participatif Paye Ta Shnek (ndlr: nous vous laissons le soin de chercher vous-même la définition, un rien vulgaire, de cette expression…) qui recense commentaires, invectives et injures dont sont abreuvées chaque jour des femmes sur les pavés français. Parfois violentes, souvent obscènes et volontiers dégradantes, ces petites phrases ne sont que l’une des nombreuses manifestations du harcèlement de rue.

Du sifflement appréciatif à la remarque déplacée, de la main collée aux fesses dans un bus bondé au regard appuyé sur un décolleté, de l’insistance pour obtenir un numéro de portable à la filature dans une ruelle sombre et isolée, les témoignages sont variés. «Lors des rencontres organisées dans le cadre de notre association, nous nous rendons compte que la majorité des femmes ont vécu une fois ou l’autre ce genre de situations, relève Anouchka Kuhni, présidente d’Osez le féminisme Suisse. Le phénomène est loin d’être isolé.»

Anouchka KuhniAnouchka Kuhni, présidente d’Osez le féminisme Suisse

Difficile pourtant de le quantifier, les cas faisant rarement l’objet de plaintes ou de procédures pénales. Aucune enquête officielle n’a par ailleurs été menée récemment dans notre pays. En revanche, les sondages effectués en Angleterre, en Inde ou même à l’international, affichent des résultats significatifs: 43% des Londoniennes, 95% des habitantes de New Delhi et, plus généralement, 84% des femmes à travers le monde souffriraient de harcèlement de rue. Les récits recueillis dans le cadre de cet article (lire ci-contre) montrent que la Suisse n’est pas épargnée.

Crocodiles 2(illustration: Thomas Mathieu)

Certes, pour reprendre l’expression d’un politicien français au lendemain de l’affaire DSK du Sofitel, on pourrait arguer qu’il n’y a pas mort d’homme. La drague lourde – voire très lourde – en milieu urbain a toujours existé. Pourquoi s’en émouvoir maintenant, à grand renfort de campagnes de prévention, notamment en France, et de films en caméra cachée illustrant et dénonçant la problématique?

«Bien sûr, même si le terme de harcèlement de rue est récent, le phénomène, lui, ne l’est pas, souligne Marylène Lieber, sociologue à l’Université de Genève et spécialiste de la violence genrée dans l’espace public. Mais il a longtemps été banalisé, et il l’est encore trop souvent aujourd’hui.» Même son de cloche chez Anouchka Kuhni qui évoque même un certain fatalisme, de nombreuses femmes estimant que «les hommes sont ainsi, on ne les changera pas».

Ce qui était acceptable autrefois ne l’est plus aujourd’hui

Malgré tout, «le seuil de tolérance baisse», explique Coline de Senarclens, membre du comité de Slutwalk Suisse, ou marche des salopes, l’association luttant contre la culture du viol et la culpabilisation des femmes. «Ce qui était considéré comme normal il y a vingt, trente, quarante ans ne l’est plus aujourd’hui.» Et Marylène Lieber de renchérir:

« De nos jours, les jeunes filles sont élevées dans l’idée qu’elles sont les égales des hommes et qu’elles peuvent disposer librement de leur corps. Or, le harcèlement de rue va à l’encontre de cette nouvelle mentalité. D’où l’accentuation du ras-le-bol, des revendications.» »

Quant à la gravité des sifflements, remarques, gestes et autres abus, certes, elle n’équivaut peut-être pas à celle liée à un viol, mais «la situation peut facilement dégénérer, confirme Anouchka Kuhni. En soi, un commentaire sexiste ne prête pas à conséquence, mais il sera peut-être suivi d’une tentative d’attouchement, voire d’une agression.» Confirmation de Coline de Senarclens: «Tout cela contribue à créer un climat d’insécurité pour les femmes. Par ailleurs, le harcèlement les exclut de l’espace public: on leur fait comprendre qu’elles n’y sont pas à leur place – un problème également rencontré par la communauté LGBT (ndlr: lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) – ou alors que leur existence est conditionnée par le fait qu’elles plaisent ou non aux hommes.»

Chacune ses astuces pour passer inaperçue…

Crocodiles 3(illustration: Thomas Mathieu)

Egalement membre du comité de Slutwalk Suisse, Alicia Ségui évoque quant à elle les stratégies développées par les femmes pour limiter ce genre de situations. Comme éviter de rentrer trop tard le soir, modifier leur itinéraire, faire semblant de téléphoner, voire adopter une tenue vestimentaire passe-partout.

« Encore une fois, ce sont elles que l’on responsabilise. Comme si le fait de porter une minijupe ou même d’accepter de boire un verre leur ôtait ensuite le droit de dire non… D’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être habillée sexy pour se faire aborder dans la rue.» »

Mais au fait, où s’arrête la drague et où commence le harcèlement? «La notion de consentement est essentielle, répond Marylène Lieber. Si la femme indique clairement qu’elle ne veut pas poursuivre l’interaction, qu’elle se montre gênée ou qu’elle ne donne pas des signes d’encouragement, l’homme devrait s’arrêter.»

De son côté, Alicia Ségui reconnaît que si l’entrée en matière est faite de manière respectueuse et laisse aux femmes la possibilité de rejeter l’interaction sans crainte, la frontière peut être difficile à définir: «Cela dépend du ressenti de la femme: dans une même situation, certaines apprécieront d’être remarquées quand d’autres n’aiment tout simplement pas être abordées.» Pour Coline de Senarclens enfin, la drague implique une certaine connivence. «Or, y a-t-il vraiment une possibilité de réciprocité lorsqu’un quinquagénaire aborde une adolescente de 17 ans?»

Une solution à trouver du côté de la prévention?

Pour lutter contre ce phénomène, Marylène Lieber préconise une éducation des jeunes contre le sexisme. Il existe aujourd’hui une réelle confusion sur la notion de consentement. Et les filles doivent comprendre qu’elles peuvent être valorisées autrement que par leur physique.» Pour Alicia Ségui, il est aussi important de s’atteler à la question des témoins:

« Les hommes doivent se désolidariser de ce type de comportements: s’ils assistent à une situation de harcèlement, il faudrait qu’ils interviennent, même s’il s’agit d’un de leurs copains.» »

Quant à Anouchka Kuhni, elle a pris part à une campagne de prévention contre le harcèlement dans les transports en commun menée par la section française d’Osez le féminisme, avec le soutien de la SNCF et de la RATP (ndlr: la régie des transports parisiens). Couronnée de succès, l’action a débouché sur une série de mesures concrètes, comme la possibilité d’envoyer un SMS d’alerte géolocalisé. «On pourrait envisager le même type de campagne en Suisse. S’attaquer à un problème ciblé comme celui-ci est un bon moyen d’engager la lutte contre le phénomène global du harcèlement de rue.»

Trouvés sur le web

Leur lutte contre le harcèlement de rue

Pour dénoncer ce fléau urbain, de nombreuses initiatives personnelles ont été lancées. Comme celle de ce jeune Toulousain dont le statut Facebook a recueilli plus de 100 000 likes en juin dernier. Débutant par ces quelques mots: «Demain je compte mettre un short pour aller au boulot», il y décline ses craintes d’être sifflé dans la rue, de se faire mettre la main aux fesses par «une vieille perverse dans le métro», ou de traverser tout seul le parc pour rentrer chez lui. Tout cela pour conclure: « Demain je mettrai un short pour aller au boulot et il ne m’arrivera rien parce que je suis un homme, tout simplement.» D’une redoutable efficacité!

Dans un autre registre, une élève de terminal a affiché dans les rues de sa ville, Nantes, toutes les remarques sexistes entendues le mois précédent. Enfin, le projet Crocodiles recense, sous forme de petites bandes dessinées, des témoignages de sexisme en tous genres. Les harceleurs y prennent le visage de ces redoutables carnivores…

L’organisation à but non lucratif Hollaback! vise à sensibiliser les populations et mettre un terme au harcèlement de rue. Ils ont filmé, en caméra caché, une femme vêtue de manière banale, qui se promène pendant dix heures dans les rues de New York:

Texte © Migros Magazine – Tania Araman »

Quelques remarques suite au vote par Amnesty International d’une résolution en faveur de la dépénalisation de la prostitution

En tant qu’association féministe abolitionniste, Osez le féminisme défend la dépénalisation des personnes prostituées (par exemple : abrogation du délit de racolage en France) et la pénalisation des clients de la prostitution et des proxénètes.

Nous défendons une position abolitionniste, car nous militons pour une sexualité égalitaire et libérée de toutes les violences, discriminations et injonctions, qu’elles soient morales, physiques, psychologiques ou économiques.

Nous considérons la prostitution comme une violence faite aux femmes et un outil de domination patriarcale sur les femmes. La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde : c’est la plus ancienne forme d’oppression. La prostitution est une forme d’esclavage, de type sexuel. Victor Hugo le disait déjà en 1862 :

« On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur.
Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme,
et il s’appelle prostitution. »

Victor Hugo, Les Misérables, livre cinquième, chapitre XI

L’annonce du vote de cette résolution d’Amnesty International a scandalisé de nombreuses associations et personnalités féministes dans le monde entier. Le mouvement international des survivantes de la prostitution a été révolté par cette résolution. Des personnalités comme Meryl Streep, Kate Winslet, Emma Thompson, Lena Dunham, Taslima Nasreen ou l’ancien président américain Jimmy Carter ont élevé leur voix contre ce texte.

En votant cette résolution, Amnesty International va à l’encontre des droits humains des femmes. D’ailleurs, suite à ce vote, les féministes et défenseurs des droits humains des femmes quittent en masse l’organisation. De nombreuses sections nationales d’Amnesty ne partagent pas la vision exposée dans cette résolution adoptée par leur siège.

abolition

La Docteure Muriel Salmona (psychiatre-psychothérapeute spécialisée en psychotraumatologie) a écrit un article très intéressant suite au vote de cette résolution par Amnesty International : Prostitution – Amnesty International complice de l’exploitation sexuelle des femmes (1ère partie) ; Pour Amnesty International, la présence de traumatismes psychiques chez les personnes prostituées serait « un stéréotype » (2ème partie).

En tant que spécialiste en psychotraumatologie, Muriel Salmona est scandalisée par ce vote. Voici quelques extraits issus de cet article :

« Quel paradoxe pour une ONG, qui lutte pour les droits des personnes et contre la torture, de militer pour que les femmes les plus vulnérables soient exposées à des violences sexuelles qui font partie, avec la torture, des violences les plus traumatisantes ! »

« Or cette violence est à tel point traumatisante que seules des personnes ayant déjà subi des violences surtout sexuelles, notamment dans l’enfance, et présentant un état de dissociation traumatique, peuvent la « supporter » parce qu’elles sont anesthésiées physiquement et émotionnellement, et « formatées » à « supporter » le pire sans avoir le droit de se plaindre, ni de se défendre depuis leur enfance. »

« Le monde que nous propose Amnesty International, et reflété dans cette résolution, est un monde injuste où les hommes pourront tranquillement continuer à dominer et à consommer des femmes vulnérables pour leur plaisir, à leur faire violence en toute tranquillité et impunité, sans avoir à en supporter l’impact émotionnel et physique vécu par leurs victimes.

Amnesty trahit les droits des femmes et des personnes les plus vulnérables, et elle choisit son camp : celui de la marchandisation du sexe, des clients prostitueurs et des proxénètes ! »

Dans une tribune publiée le 8 août dernier dans Libération, Osez le féminisme s’est associée aux FEMEN et à d’autres associations et personnalités féministes abolitionnistes pour dénoncer la résolution d’Amnesty International : Contre le choix pro-prostitution d’Amnesty International.

L’action anti-masculiniste du collectif GGRA (Groupe genre, réflexion et action)

Le 18 avril dernier, le Groupe Genre Réflexion Action (GGRA) a fait une action lors d’une représentation théâtrale de Zofingue Vaud pour dénoncer le sexisme de l’association. Lien sur la vidéo en fin d’article.

Nous transmettons ci-dessous, le communiqué du GGRA:

« COMMUNIQUÉ du GGRA- GROUPE GENRE RÉFLEXION ACTION

MARDI 21 AVRIL 2015

Samedi 18 Avril 2015 se tenait au BCV Concert Hall à Lausanne la représentation annuelle du spectacle monté par Zofingue Vaud. À cette occasion, le collectif GGRA (groupe genre, réflexion et action) fit irruption sur scène au milieu des uniformes zofingiens dans le but de dénoncer la discrimination envers les femmes dont fait preuve le célèbre club estudiantin.

L’an dernier, l’association avait à nouveau fait parler d’elle lorsque le Tribunal Fédéral rejeta le recours de l’Université de Lausanne qui refusait de reconnaitre l’association en son sein car ses statuts sont incompatibles avec la Charte de l’Université et la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Et le Tribunal fédéral d’abonder dans le sens de l’instance cantonale, autorisant l’association à continuer de refuser les femmes dans l’association. En d’autres termes, la jurisprudence suisse valide désormais légalement l’obstination de Zofingue à revendiquer le sexisme comme valeur fondamentale. Le collectif GGRA s’est formé afin de questionner, critiquer et combattre une société où les oppressions sont omniprésentes envers les femmes, les racisé.e.s et tout.e.s les autres exclu.e.s. Ces violences systématiques s’opérant le plus souvent sous couvert de banalité, l’action menée samedi eu au moins le mérite de les révéler au grand jour.

Zofingue, en plus d’inscrire noir sur blanc le droit à discriminer, s’imagine pouvoir réduire physiquement au silence les femmes. En effet, non seulement le message du GGRA n’a pas été entendu, mais la réaction à cette intervention a montré les vrais visages des membres de cette si sélect organisation.

Dès les premières phrases, le texte déclamé fut arraché des mains de l’oratrice, les militantes furent saisies, bousculées, poussées et projetées en bas de la scène sous les applaudissements d’une salle complice scandant des encouragements aux hommes sur scènes, devenus soldats.

Au même moment, et sous le regard impassible du premier rang, la camerawoman se vit acculée dans la pénombre des escaliers puis rouée de coups. C’est, en effet, loin des projecteurs que les violences atteignirent leur paroxysme : clé de bras, projections au sol et tentatives de strangulation. Durant les quelques minutes que dura l’intervention, des insultes telles que « par ici les putes ! », « retournez à la vaisselle ! » pleuvaient.

Action du GGRA 1

Capture de la vidéo du GGRA

Tous ces actes individuels révèlent le sentiment d’impunité que ressentent ces hommes à faire valoir leurs privilèges de dominants, par la force s’il le faut. Sentiment confirmé par le tweet posté peu après la fin du spectacle (qui a pu avoir lieu) qualifiant l’altercation de « sympathique ». Le décalage ne pourrait être plus grand… L’absence d’arguments explique probablement de tels comportements qui ne peuvent se tenir que quand la société entière les tolère. Cependant, ils sont scandaleux et il est urgent de s’éveiller collectivement, refuser toutes les discriminations et accuser les personnes qui s’en rendent coupables.

Action du GGRA 2

Capture de la vidéo du GGRA

Si ces hommes se sont sentis légitimes à museler comme ils l’ont fait les femmes qui ont osé prendre la parole devant eux et interrompre leur si parfaite routine de petits rois, leur réaction proprement hallucinante ne fait que légitimer l’action entreprise par le GGRA.

La lutte féministe est toujours actuelle et nécessaire !

Le GGRA »

 

LIEN VIDEO DE L’ACTION : https://youtu.be/f-EvOSY1deA